{"id":16991,"date":"2004-01-04T01:00:00","date_gmt":"2004-01-04T01:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.vedantaadvaita.com\/?p=16991"},"modified":"2020-08-24T15:21:31","modified_gmt":"2020-08-24T15:21:31","slug":"la-conscience-et-ses-attributs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/vedantaadvaita.com\/fr\/blog\/2004\/01\/04\/la-conscience-et-ses-attributs\/","title":{"rendered":"La conscience et ses attributs"},"content":{"rendered":"<p>Causeries donn\u00e9es pendant la retraite de m\u00e9ditation de mars 2003 c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans le monast\u00e8re d\u2019 Angosto (Alava)<br \/>\n(Publi\u00e9es en juillet 2006)<br \/>\nUn certain nombre de qualit\u00e9s propres \u00e0 la nature de la Conscience fait d\u2019elle un concept tout \u00e0 fait remarquable. Gr\u00e2ce \u00e0 elles, nous pouvons analyser la pratique m\u00e9ditative et m\u00eame \u00e9laborer un mod\u00e8le \u00e9pist\u00e9mologique de la r\u00e9alit\u00e9 vraiment int\u00e9ressant. La premi\u00e8re qualit\u00e9 est que la Conscience est auto-lumineuse. La seconde est qu\u2019elle d\u00e9note, en elle-m\u00eame, un processus int\u00e9grateur. La troisi\u00e8me est que la Conscience, par elle-m\u00eame et en elle-m\u00eame, est insondable, y la quatri\u00e8me est qu\u2019elle poss\u00e8de une connotation de r\u00e9alit\u00e9 simultan\u00e9e.<br \/>\n1. Nature auto-lumineuse<br \/>\nAu sujet de la Conscience et de son caract\u00e8re auto-lumineux, le Vedanta affirme qu\u2019elle est elle-m\u00eame la source de la Connaissance. Il n\u2019y a pas de gen\u00e8se de la Conscience par laquelle nous pourrions situer son commencement : il n\u2019y a pas de qualit\u00e9 premi\u00e8re par laquelle nous pourrions dire que sa connaissance implique le d\u00e9but de la connaissance. La Conscience est en elle-m\u00eame un acte sans commencement, sans attributs, sans causes. C\u2019est un processus hors causalit\u00e9, puisqu\u2019il \u00e9merge sans que la somme de plusieurs proc\u00e9d\u00e9s ne soit n\u00e9cessaire. La Conscience est en elle-m\u00eame et par elle-m\u00eame, et ne d\u00e9pend que d\u2019elle-m\u00eame pour \u00eatre et exister.<br \/>\nM\u00eame en consid\u00e9rant en profondeur le processus m\u00eame de la Conscience, nous ne trouverons pas de raison pour que la Conscience soit, pour qu\u2019elle existe. Nous ne trouverons non plus aucune qualit\u00e9 premi\u00e8re, ant\u00e9rieure \u00e0 la Conscience. La Conscience, en elle-m\u00eame, existe par elle-m\u00eame et n\u2019a pas de cause.<br \/>\nLe fruit de la Conscience est la compr\u00e9hension, laquelle a un synonyme : le discernement. On ne peut apprendre \u00e0 connaitre ou \u00e0 comprendre (au mieux on peut apprendre \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir), car la compr\u00e9hension repose sur une condition d\u2019existence propre.<br \/>\nCette nature auto-lumineuse de la compr\u00e9hension existe chez tout \u00eatre humain qui poss\u00e8de un syst\u00e8me propre qui lui permette de comprendre de mani\u00e8re coh\u00e9rente. La compr\u00e9hension existe m\u00eame dans l\u2019erreur. Nous ne nous r\u00e9f\u00e9rons pas \u00e0 la validit\u00e9 de l\u2019information ou du jugement que nous portons au niveau mental, mais au fait que m\u00eame une personne irraisonnable poss\u00e8de une compr\u00e9hension pour valider ce qu\u2019elle connait. Le Vedanta apporte simplement la constatation que la compr\u00e9hension existe chez tout \u00eatre humain. Tous les \u00eatres humains comprennent mais personne ne leur a appris \u00e0 comprendre. Cette compr\u00e9hension survient d\u2019elle-m\u00eame, ainsi se reconnaitre et se savoir exister sont donc des qualit\u00e9s de la nature humaine.<br \/>\nDe toutes les compr\u00e9hensions potentielles qu\u2019a l\u2019\u00eatre humain, la plus importante est celle de comprendre que nous existons. Nous savons que nous existons ! C\u2019est quelque chose d\u2019inalt\u00e9rable, et qui nait de nous m\u00eame. Cela survient dans le fait m\u00eame de l\u2019existence. Tout dans la nature tend \u00e0 savoir qu\u2019il existe. Aussi tout dans la nature a un niveau propre de compr\u00e9hension.<br \/>\nUne autre qualit\u00e9 de l\u2019existence est que nous ne savons pas d\u2019o\u00f9 nous venons, nous ne savons pas pourquoi l\u2019existence se produit. Et pourtant nous nous reconnaissons existant. Si quelque chose dans la nature humaine a la m\u00eame qualit\u00e9 auto-lumineuse propre \u00e0 la compr\u00e9hension, c\u2019est l\u2019existence m\u00eame. Nous savons que nous existons, ou, ce qui reviens au m\u00eame, nous existons et nous savons. L\u2019existence et l\u2019\u00eatret\u00e9, ont tous deux cette qualit\u00e9 auto lumineuse et existent en eux m\u00eame.<br \/>\nLa source de vie bouillonne partout, est partout. Elle s\u2019organise de telle sorte, si majestueuse, que d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, la vie s\u2019exprime toujours sous de nombreuses formes. Et dans toutes ces formes, se r\u00e9v\u00e8le la compr\u00e9hension que la vie est sup\u00e9rieure \u00e0 chacune d\u2019elles.<br \/>\nLa force d\u2019existence est tr\u00e8s int\u00e9ressante. Mais, pour le vedanta, la force de la compr\u00e9hension est beaucoup plus int\u00e9ressante. C\u2019est l\u2019acte de savoir qui r\u00e9side dans la Conscience m\u00eame. Comprendre n\u2019est ni penser ni raisonner. La compr\u00e9hension est bien plus ant\u00e9rieure et fondamentale que les actes du raisonnement, du jugement ou de la synth\u00e8se mentale.<br \/>\nPour raisonner nous avons besoin de l\u2019exp\u00e9rience et d\u2019une r\u00e9f\u00e9rence sur laquelle nous puissions \u00e9tablir la comparaison avec d\u2019autres processus mentaux. Et pour r\u00e9fl\u00e9chir nous avons besoin de recourir \u00e0 notre propre pass\u00e9, afin de pouvoir porter des jugements. Cela est diff\u00e9rent avec la compr\u00e9hension. On pourrait croire que la compr\u00e9hension est le fruit de la r\u00e9flexion ; mais c\u2019est juste au moment o\u00f9 termine celle-ci que commence celle-l\u00e0. Il suffit que la r\u00e9flexion et le mouvement dialectique cessent pour qu\u2019\u00e0 cet instant \u00e9merge la compr\u00e9hension. Il n\u2019y a pas de limite de causalit\u00e9 entre la compr\u00e9hension et la r\u00e9flexion. Nous savons qu\u2019elle surgit au moment m\u00eame o\u00f9 la r\u00e9flexion dialectique cesse. C\u2019est un acte profond\u00e9ment vivant et int\u00e9ressant, unique et sans cause. Et nous affirmons que la Conscience est source de connaissance ou de compr\u00e9hension.<br \/>\nNous pensons et nous raisonnons, et nous croyons que c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ces processus que nous connaissons. De m\u00eame, nous avons des \u00e9motions et des passions, et nous disons que c\u2019est par elles que nous connaissons. Personne ne peut nier la nature cognitive qu\u2019implique l\u2019appr\u00e9ciation du sentiment, de la passion ou de l\u2019\u00e9motion. De m\u00eame, personne ne peut nier la condition apparemment paradoxale de la pens\u00e9e. Mais le Vedanta ne conditionne pas la compr\u00e9hension \u00e0 une r\u00e9flexion pr\u00e9alable, ni \u00e0 une \u00e9motion sensible ou passionn\u00e9e.<br \/>\nEt pourtant, dans notre exp\u00e9rience quotidienne, le monde se d\u00e9roule dans cet ordre, oppos\u00e9 \u00e0 celui de la perspective du vedanta. Nous croyons que la compr\u00e9hension arrive apr\u00e8s un processus mental. Nous avan\u00e7ons que la compr\u00e9hension qui arrive par une exp\u00e9rience sensitive, suppose obligatoirement l\u2019exp\u00e9rience pr\u00e9alable de la sensation. Et bien souvent nous<br \/>\ncroyons, de mani\u00e8re erron\u00e9e, que la compr\u00e9hension vient de la r\u00e9flexion ou de l\u2019\u00e9motion, sensitive ou passionnelle. Et cela et faux. La compr\u00e9hension n\u2019arrive pas de cette mani\u00e8re.<br \/>\nLe Vedanta affirme que la Conscience, ou le fait m\u00eame de la compr\u00e9hension n\u2019a pas besoin d\u2019une cause r\u00e9flexive ou \u00e9motive. Il affirme qu\u2019elle est simplement une r\u00e9alit\u00e9 qui agit par elle-m\u00eame et en elle-m\u00eame, sans cause et sans possibilit\u00e9 de futur. Elle est, par elle-m\u00eame. La conscience est la r\u00e9alit\u00e9 ultime par elle-m\u00eame. Le fait de comprendre va au-del\u00e0 de la r\u00e9flexion intellective que l\u2019on a des choses. C\u2019est un acte sans autres causes que lui-m\u00eame. Nous nous trompons quand nous croyons que par une r\u00e9flexion correcte nous comprendrons plus intelligemment. Bien sur, par la r\u00e9flexion nous pouvons connaitre ; mais nous ne connaissons ni ne comprenons par la r\u00e9flexion m\u00eame. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment le contraire, la compr\u00e9hension survient quand la r\u00e9flexion s\u2019est momentan\u00e9ment retir\u00e9e. Et par l\u2019attention, la compr\u00e9hension arrive d\u2019elle-m\u00eame et en elle-m\u00eame.<br \/>\nLa compr\u00e9hension ne peut se d\u00e9duire, ni \u00eatre une abstraction, ni se d\u00e9montrer ou s\u2019exposer. C\u2019est un acte qui survient par lui-m\u00eame. La proposition du Vedanta n\u2019est pas que la compr\u00e9hension vienne de quelqu\u2019un qui comprenne. La compr\u00e9hension, l\u2019apprentissage, ne vient pas d\u2019un sujet qui poss\u00e8de la propri\u00e9t\u00e9 de raisonner, par laquelle \u00e9merge le savoir. Une des cons\u00e9quences les plus novatrices de ce fait implique que la connaissance ne requiert pas la pr\u00e9sence de quelqu\u2019un qui la connaisse.<br \/>\nLa connaissance, ou l\u2019acte de la compr\u00e9hension se situe au-del\u00e0 de la nature momentan\u00e9e et diff\u00e9renci\u00e9e d\u2019un sujet qui pr\u00e9tend poss\u00e9der la connaissance. Le Vedanta, ainsi que notre exp\u00e9rience, affirment que la compr\u00e9hension ne peut \u00eatre comprise que par elle-m\u00eame ; que le savoir ne peut \u00eatre connu que par lui-m\u00eame. Quand un \u00eatre humain connait, ce qu\u2019il saisit sont des relations d\u2019informations diff\u00e9renci\u00e9es. Mais ces relations ont des causes et elles d\u00e9pendent toutes de conditions momentan\u00e9es et relatives. Pourtant, ni la connaissance ni la compr\u00e9hension ne sont d\u00e9pendantes de ces circonstances. La compr\u00e9hension est post\u00e9rieure au relatif, bien qu\u2019elle l\u2019englobe. Et elle n\u2019est pas le relatif.<br \/>\nLe Vedanta affirme que la compr\u00e9hension est un acte totalement illimit\u00e9 qui ne peut \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9 par une condition limitative. Nous appelons cette nature limitative basique le \u00ab moi \u00bb, l\u2019ego ou le sujet. On pourrait croire que le sujet Connait mais cela n\u2019est pas vrai. Il ne fait qu\u2019entrevoir le souvenir du reflet d\u2019une prodigieuse image de la r\u00e9alit\u00e9 qui ne peut \u00eatre connue qu\u2019en elle-m\u00eame et par elle-m\u00eame.<br \/>\nSi la Conscience est auto-lumineuse, toute fraction de r\u00e9alit\u00e9 qui rayonne sur un sujet ne fait qu\u2019\u00e9clairer une circonstance momentan\u00e9e, bien que celle-ci soit absolument valable, r\u00e9elle et consistante. Tous jugement de valeur que nous portons sur une quelconque appr\u00e9ciation consciente de ce monde est changeant. Ainsi la qualit\u00e9 de compr\u00e9hension de ce que nous percevons est g\u00e9n\u00e9ralement momentan\u00e9e. Le type de compr\u00e9hension que le Vedanta propose, c\u2019est \u00e0 dire le fait m\u00eame de savoir, est tr\u00e8s au-del\u00e0 de la conception que l\u2019\u00eatre humain a de sa propre histoire. Nous formulons donc que le flux de l\u2019existence est d\u2019une telle envergure qu\u2019elle montre de toute \u00e9vidence que la<br \/>\nConscience se connait elle-m\u00eame, et que les traits lumineux dont nous faisons preuve lorsque nous portons des jugements personnels ne sont que les r\u00e9sidus de la luminosit\u00e9 resplendissante de la Conscience m\u00eame.<br \/>\nLes jugements personnels que nous portons sur chaque objet que nous analysons sont toujours une repr\u00e9sentation momentan\u00e9e, ponctuelle, sp\u00e9cifique et relative. Le Vedanta cherche \u00e0 \u00ab provoquer une connaissance qui se connaisse elle-m\u00eame. \u00bb. Et nous savons que cette possibilit\u00e9 existe. Il existe une qualit\u00e9 de la compr\u00e9hension dans laquelle elle se comprend elle-m\u00eame. C\u2019est une qualit\u00e9 telle que, quand elle est stable, r\u00e9elle et unique, c\u2019est une compr\u00e9hension sans parties, c&#8217;est-\u00e0-dire dissoci\u00e9e du temps et de l\u2019espace. Elle est la source de toute connaissance, elle est la connaissance m\u00eame. Rien n\u2019existe en dehors de cette compr\u00e9hension, elle remplit tout, elle est tout et elle connait tout. Tout existe en elle-m\u00eame. Ce type de compr\u00e9hension est propre \u00e0 la Conscience. Quand la Conscience connait \u00e0 partir de sa nature propre, ce qu\u2019elle connait est l\u2019absence de diff\u00e9rence avec ce qui connait. Elle contient un tel pouvoir de connaitre, d\u2019apprentissage et de compr\u00e9hension que son caract\u00e8re illimit\u00e9 ne peut \u00eatre connu que par elle-m\u00eame ; et en elle-m\u00eame, elle est illimit\u00e9e.<br \/>\nLa Conscience auto-lumineuse s\u2019illumine elle-m\u00eame, d\u00e9pend d\u2019elle-m\u00eame et connait par elle-m\u00eame. La Compr\u00e9hension n\u2019a de cause ni dans les objets, ni dans les fonctions ou r\u00e9alit\u00e9s. Ce que le Vedanta nomme Compr\u00e9hension ne doit pas \u00eatre confondu avec ce que nous appelons habituellement la compr\u00e9hension de nos propres r\u00e9alit\u00e9s ou jugements. Nous utilisons le m\u00eame mot mais ils ne signifient pas la m\u00eame chose. Il est important de comprendre que la compr\u00e9hension personnelle est fruit d\u2019une qualit\u00e9 consciente individuelle. Nous ne pouvons porter de jugements que sur des situations associ\u00e9es \u00e0 notre propre histoire. Aussi l\u2019apprentissage qui se produit, les jugements qui surviennent, et les r\u00e9alit\u00e9s qui apparaissent \u00e0 travers les jugements \u00e9mis, sont franchement personnels, relatifs et fonci\u00e8rement changeants et d\u00e9pendants de l\u2019information personnelle de la m\u00e9moire.<br \/>\nLa compr\u00e9hension dont parle le Vedanta n\u2019est pas cette compr\u00e9hension personnelle, mais celle qui se comprend elle-m\u00eame. Elle est tr\u00e8s semblable \u00e0 l\u2019acte intuitif. L\u2019intuition permet la compr\u00e9hension momentan\u00e9e d\u2019une r\u00e9alit\u00e9, sans que se constitue une unit\u00e9 de temps et espace pour qu\u2019elle ait lieu. La compr\u00e9hension d\u00e9crite dans le Vedanta ressemble \u00e0 l\u2019acte intuitif bien que cela soit plus qu\u2019une simple intuition. La Conscience, en elle-m\u00eame, est semblable \u00e0 une sorte d\u2019intuition qui a lieu dans toutes les situations possibles de connaissance. Alors que l\u2019intuition est segment\u00e9e et orient\u00e9e, la Conscience \u00e9met la connaissance et la compr\u00e9hension en dehors du temps et de l\u2019espace, en tout temps et toute direction. Cette connaissance est une compr\u00e9hension qui connait tout. Pourtant l\u2019intuition est d\u00e9j\u00e0 une merveilleuse compr\u00e9hension segment\u00e9e, sans m\u00e9diation mentale ni sensorielle, de temps ou d\u2019espace.<br \/>\nLa compr\u00e9hension dont nous parlons n\u2019est m\u00eame pas la compr\u00e9hension produite par la sensation. Parce que, bien que sentir produit une compr\u00e9hension, de m\u00eame que penser, il reste le probl\u00e8me que les jugements qui accompagnent ces compr\u00e9hensions viennent exclusivement des possibilit\u00e9s qui existent d\u00e9j\u00e0 dans notre propre histoire. Et cela fait que le choix personnel, au moment de sentir, est momentan\u00e9 et relatif.<br \/>\nLa compr\u00e9hension dont nous parlons est une sorte d\u2019intuition \u00e0 tous les niveaux. C\u2019est une compr\u00e9hension qui connait sans aucune m\u00e9diation tout ce qui peut \u00eatre connu. Quand elle s\u2019exprime de mani\u00e8re naturelle sous forme de connaissance, elle \u00e9tablit que connaitre est la connaissance qui circule en elle-m\u00eame, qu\u2019elle-m\u00eame se connait elle-m\u00eame, et que la Conscience est la seule chose valable en elle-m\u00eame. Lorsque l\u2019on per\u00e7oit \u00e0 partir de cette perspective, on sait que tout existe sans cause, que tout a toujours exist\u00e9 et existera toujours. On sait que les choses sont et seront toujours, non pas \u00e0 partir de la conception rationnelle, mais \u00e0 partir du caract\u00e8re de la non-limitation que la Conscience apporte \u00e0 toutes ses propres appr\u00e9ciations.<br \/>\nComment se g\u00e9n\u00e8re cette qualit\u00e9 auto-lumineuse de la Conscience ? Elle se g\u00e9n\u00e8re \u00e0 l\u2019instant m\u00eame o\u00f9 cesse la fraction d\u00e9limitante de la conscience individuelle, au moment o\u00f9 le caract\u00e8re personnel se brise, o\u00f9 la conscience individuelle laisse sa caract\u00e9ristique dialectique. Alors la Conscience pure et non diff\u00e9renci\u00e9e se d\u00e9voile.<br \/>\nLe grand dilemme de cette proposition est que la Conscience ne peut \u00eatre reconnue par personne diff\u00e9rent d\u2019elle. Elle ne peut \u00eatre connue que par elle-m\u00eame. Il est impossible de cr\u00e9er une qualit\u00e9 individuelle consciente qui sache ce que sont r\u00e9ellement les choses, car ce caract\u00e8re personnel (qui est apparemment r\u00e9el et profond\u00e9ment limitatif) ne peut consid\u00e9rer l\u2019existence que par le filtre de ce qui a \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme diff\u00e9renci\u00e9.<br \/>\nAinsi donc, le savoir que propose le Vedanta n\u2019est pas un secret qui doit \u00eatre d\u00e9couvert dans la vie, ni que l\u2019on puisse dispenser. Ce n\u2019est pas un savoir que l\u2019on peut exprimer ou diff\u00e9rencier. Le Savoir r\u00e9el apparait au moment o\u00f9 cesse la diff\u00e9rentiation de celui qui croit savoir quelque chose sur sa propre histoire. La Conscience connait par elle-m\u00eame \u00e0 l\u2019instant m\u00eame o\u00f9 le caract\u00e8re conscient personnel cesse d\u2019ajouter une diff\u00e9renciation dans la perception.<br \/>\nTous les ph\u00e9nom\u00e8nes de la nature poss\u00e8dent un ordre intrins\u00e8que, que l\u2019\u00eatre humain d\u00e9sire connaitre pour pourvoir le contourner. Mais cet ordre existe en lui-m\u00eame. L\u2019\u00eatre humain est habitu\u00e9 \u00e0 croire qu\u2019il existe une conscience individuelle sup\u00e9rieure \u00e0 tout autre \u00e9tat naturel. Pour lui, m\u00eame Dieu doit \u00eatre comme l\u2019homme. Il est si profond\u00e9ment \u00e9go\u00efste qu\u2019il croit que le fait d\u2019\u00eatre conscient lui appartient. Cependant, il ne peut qu\u2019\u00e9lucubrer sur des situations qui existent dans sa propre m\u00e9moire et qui appartienne \u00e0 son existence propre. Il croit que pour pouvoir savoir il doit faire l\u2019exp\u00e9rience.<br \/>\nL\u2019\u00eatre humain croit qu\u2019il existe un ordre dans ce que nous appelons \u00ab moi \u00bb. Mais o\u00f9 est le \u00ab moi \u00bb ? Pour \u00eatre conscient du \u00ab moi \u00bb, il faut se rappeler de l\u2019histoire et porter des jugements. Ou, dit d\u2019une autre mani\u00e8re, nous sommes notre m\u00e9moire. Alors, y-a-t\u2019il conscience parce que le \u00ab moi \u00bb est conscient ? L\u2019\u00eatre humain croit qu\u2019il y a \u201cquelque chose\u201d de conscient, mais en r\u00e9alit\u00e9 il n\u2019y a \u00ab rien \u00bb ni \u00ab personne \u00bb qui le soit. Il croit qu\u2019il est conscient car il juge ce dont il fait l\u2019exp\u00e9rience et, se basant sur cela, il se souvient et se croit intelligent.<br \/>\nAinsi, les occidentaux ne comprennent pas la nature de la Conscience ; ils croient quelle signifie \u00eatre conscient que l\u2019on sait et que l\u2019on existe. Evidemment, cet \u00e9tat engendre apprentissage et compr\u00e9hension, mais de<br \/>\nnature telle qu\u2019ils ne sont que l\u2019ombre de la r\u00e9alit\u00e9, fond\u00e9s sur des mod\u00e8les d\u2019exp\u00e9rience et de m\u00e9moire individuelles.<br \/>\nLe Vedanta parle d\u2019une Conscience diff\u00e9rente ; elle est en tout et p\u00e9n\u00e8tre tout. Elle est sous-jacente \u00e0 tout \u00e9l\u00e9ment, m\u00eame le vide, qui peut \u00eatre connu gr\u00e2ce \u00e0 elle. Elle est \u00e9galement sous-jacente en tant que pass\u00e9 et futur, de mani\u00e8re \u00e0 ce que ces dimensions paraissent r\u00e9elles. Cette Conscience est extraordinairement subtile, extr\u00eamement intelligente, et produit un ordre inimaginable et inalt\u00e9rable. C\u2019est un ordre sans cause, et qui repr\u00e9sente une r\u00e9alit\u00e9 sans hi\u00e9rarchie, qui n\u2019a pas besoin de l\u2019espace et du temps pour que l\u2019on ressente sa manifestation dans la nature ou dans l\u2019existence individuelle.<br \/>\nCet ordre existe \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du corps, lorsque l\u2019on inspire et expire, lorsque l\u2019on nait, meurt ou vit. Il coule, vivant, intense, joyeux, il brille et g\u00e9n\u00e8re la vie. Il est partout, devant et derri\u00e8re, en haut et en bas. Il n\u2019est pas fait de quelque chose de sp\u00e9cial, mais de non-chose, de non-parties, non-temps, non-espace, non-mot, non-proportions, non-limites. Il ne peut \u00eatre vu, mais voit celui qui le voit.<br \/>\nO\u00f9 est la nature consciente et individuelle d\u2019un observateur momentan\u00e9ment absorb\u00e9 dans un film, la lecture d\u2019un livre ou un sport ? Et pourtant la compr\u00e9hension est pr\u00e9sente. Mais, qui connait dans ces moments ? La r\u00e9ponse est \u00ab Cela \u00bb, Cela qui connait, la Conscience. La Conscience apporte vitalit\u00e9, mouvement, r\u00e9alit\u00e9. Elle est auto-lumineuse, se connait elle-m\u00eame et connait sans cause. L\u2019\u00eatre humain doit permettre que Cela se connaisse soi m\u00eame, et pour cela il doit cr\u00e9er un \u00e9tat de perception libre de l\u2019histoire et des fronti\u00e8res, libre des conditionnements \u00e9gotiques. Nous devons apprendre \u00e0 connaitre ce qui arrive, non ce qui est arriv\u00e9 ou arrivera.<br \/>\nLa Conscience est l\u2019agent primordial, la base de la r\u00e9alit\u00e9, ce qui donne forme au monde et c\u2019est la base du mod\u00e8le soutenu par le Vedanta.<br \/>\n2. Qualit\u00e9 int\u00e9grative.<br \/>\nEn principe l\u2019Occident nous propose un mod\u00e8le diff\u00e9renci\u00e9 de connaissance et d\u2019analyse pour \u00e9tudier la r\u00e9alit\u00e9 que nous percevons. La m\u00e9thode scientifique se base sur l\u2019analyse d\u00e9taill\u00e9e des exp\u00e9riences et sur la normalisation des conclusions post\u00e9rieures. Par l\u2019observation, on essaye de trouver des lois qui en quelque sorte soutiennent l\u2019observation. La science cherche \u00e0 d\u00e9crire l\u2019observation de mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e et pr\u00e9cise, et pour cela divise, fractionne, et d\u00e9limite la perception m\u00eame. Ce mod\u00e8le analytique, dissociatif et diff\u00e9rentiateur, cherche \u00e0 trouver la partie essentielle qui constitue chaque chose. Dans ce mod\u00e8le la partie est importante mais pas le tout.<br \/>\nEn Occident il existe essentiellement deux possibilit\u00e9s d\u2019analyse de la r\u00e9alit\u00e9. L\u2019une affirme que la partie est valable, c\u2019est l\u2019option adopt\u00e9e par le mod\u00e8le aristot\u00e9licien. L\u2019autre donne plus d\u2019importance au tout, c\u2019est le mod\u00e8le de Platon. Quand le tout est l\u2019essence qui constitue la r\u00e9alit\u00e9 des choses, nous appelons la r\u00e9alit\u00e9 \u00ab arch\u00e9type \u00bb, lequel est ant\u00e9rieur aux parties possibles qu\u2019il d\u00e9veloppe dans son dessein d\u2019existence. Ainsi dans la proposition platonique le tout est fondamental, est dans celle d\u2019Aristote, c\u2019est la partie qui l\u2019est.<br \/>\nLa science a choisi de d\u00e9velopper la proposition aristot\u00e9licienne, parce que le mental est un outil plus associ\u00e9 \u00e0 la partie qu\u2019au tout. Il fractionne, d\u00e9limite et d\u00e9crit les ressemblances qui existent entre les diverses parties qui constituent un tout, en privil\u00e9giant la partie. Cependant certaines \u00e9coles Occidentales non scientifiques tentent d\u2019aborder le concept du tout, comme par exemple les syst\u00e8mes inductifs tels que les math\u00e9matiques, la psychologie ou certaines \u00e9coles de philosophie -les id\u00e9alistes par exemple. Bien que d\u2019autres \u00e9coles comme les r\u00e9alistes ou les mat\u00e9rialistes abordent principalement la partie.<br \/>\nLe Vedanta, \u00e0 l\u2019inverse de ce que soutiennent les \u00e9rudits occidentaux, n\u2019est ni r\u00e9aliste, ni id\u00e9aliste. En occident on le d\u00e9finit comme Id\u00e9alisme M\u00e9taphysique ou Abstrait, mais on ne peut pas dire que pour le Vedanta le tout soit important et pas la partie ou vice-versa. Pour le Vedanta les deux sont importants, mais ne sont pas fondamentaux. Le fait est qu\u2019aussi bien la partie que le tout sont relatifs, parce que le tout finit toujours par \u00eatre une partie d\u2019un autre tout et la partie, une partie d\u2019une autre partie.<br \/>\nLe dilemme pos\u00e9 par la perspective du r\u00e9alisme aristot\u00e9licien ou celle de l\u2019Id\u00e9alisme de Platon (consid\u00e9rant la partie ou le tout), est que toute \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e sur quelque chose implique obligatoirement de d\u00e9limiter et d\u00e9finir ce que l\u2019on analyse.<br \/>\nMais jusqu\u2019\u00e0 quel point la partie et le tout sont-ils analysables ? Quelles dimensions doivent avoir ce tout ou cette partie pour \u00eatre analysables ? C\u2019est une grande question sur laquelle nous buttons quand nous essayons d\u2019aborder ce th\u00e8me par la m\u00e9thode scientifique occidentale. Par exemple dans l\u2019Id\u00e9alisme, le tout peut \u00eatre si grand que nous l\u2019appelons \u00ab infini \u00bb ; mais il devient alors une fraction, parce que le mental ne peut en faire l\u2019exp\u00e9rience. Dans le r\u00e9alisme, il peut \u00eatre si petit que nous devons nous plonger dans<br \/>\nl\u2019abstrait et l\u2019 \u00bbid\u00e9al \u00bb pour pouvoir l\u2019analyser, comme c\u2019est le cas avec la physique quantique. Dans cette derni\u00e8re la majeure partie des processus sont clairement des abstractions id\u00e9ales o des suppositions de probabilit\u00e9s.<br \/>\nLe grand probl\u00e8me des syst\u00e8mes occidentaux c\u2019est qu\u2019ils sont diff\u00e9rentiateurs. Par exemple, Platon analysait et se plongeait dans des consid\u00e9rations clairement arqu\u00e9typiques. Il stipulait que \u00ab le tout est une id\u00e9e pr\u00e9alable sur laquelle la partie se d\u00e9veloppe \u00bb. Il n\u2019y a pas un tout qui circonscrive la somme totale du tout et des parties, de sorte que les parties qui constituent ce tout soient analysables. A la lumi\u00e8re de l\u2019analyse occidentale, lorsque nous consid\u00e9rons la partie, nous arrivons \u00e0 une description si petite, si sch\u00e9matis\u00e9e et d\u00e9limit\u00e9e qu\u2019on ne peut plus en faire l\u2019exp\u00e9rience. Et dans ce jeu, l\u2019Occident essaye de d\u00e9crire comment est constitu\u00e9 le monde et tente de l\u2019analyser, mais il n\u2019existe pas de solution correcte, coh\u00e9rente et unifi\u00e9e.<br \/>\nLe Vedanta ne d\u00e9crit ni la partie ni le tout, ni m\u00eame les relations int\u00e9grales entre eux. D\u2019embl\u00e9e il ne suppose pas que l\u2019univers soit compos\u00e9 de parties et c\u2019est pourquoi pour lui le monde ne se d\u00e9veloppe pas \u00e0 partir d\u2019elles. De m\u00eame, il ne consid\u00e8re ni ne d\u00e9finit l\u2019univers comme un tout qui engloberait tout ce qui existe. Ainsi l\u2019univers n\u2019est consid\u00e9r\u00e9 ni comme un tout ni comme une somme de parties, et donc l\u2019analyse du tout et de la partie n\u2019est pas n\u00e9cessaire, du moins comme le propose l\u2019Occident.<br \/>\nLe Vedanta propose quelque chose de sp\u00e9cifique et d\u2019\u00e9vident : la partie est une partie et on peut la connaitre comme partie, et le tout est un tout et est connaissable comme le tout. Mais il y a un \u00e9l\u00e9ment commun \u00e0 tous les tous et \u00e0 toutes les parties, c\u2019est que tous changent et se transforment et leurs fronti\u00e8res \u00e9voluent \u00e0 travers le temps et l\u2019espace.<br \/>\nLe Vedanta ne suppose ni que l\u2019univers soit un tout essentiel ou primitif, ni qu\u2019il soit en essence des parties qui constitueraient ensuite un tout. Il accepte l\u2019\u00e9vidence que les informations qui constituent la partie et le tout existent, bien sur. Mais ce qui n\u2019existe pas pour le Vedanta c\u2019est une information ind\u00e9pendante avec la capacit\u00e9 de connaitre le reste de l\u2019information comme diff\u00e9rente d\u2019elle. Ou, dit d\u2019une autre mani\u00e8re, le \u00ab moi \u00bb n\u2019existe pas, et n\u2019est reconnu ni comme partie ni comme tout, parce qu\u2019il n\u2019existe ni comme partie ni comme tout. C\u2019est pourquoi la pr\u00e9rogative de l\u2019\u00e9tude et l\u2019analyse de la r\u00e9alit\u00e9 vient du fait que l\u2019information existe mais n\u2019est pas diff\u00e9renciable. Il n\u2019existe pas d\u2019agent qui puisse essentiellement diff\u00e9rencier l\u2019information, et ni lui ni l\u2019information ne sont stables.<br \/>\nLe Vedanta ne suppose ni que l\u2019information soit diff\u00e9renci\u00e9e, ni que l\u2019agent appel\u00e9 \u00ab moi \u00bb, ainsi que ce qui est connu par lui, soient stables. Car finalement, \u00e0 travers le temps et l\u2019espace, la repr\u00e9sentation qu\u2019il a de lui-m\u00eame et de ce qu\u2019il connait se transforme. Toutes parties ou tout est impermanent.<br \/>\nLe Vedanta affirme qu\u2019il existe une r\u00e9alit\u00e9 qui spontan\u00e9ment et naturellement soutient l\u2019information, ne la diff\u00e9rencie pas et l\u2019int\u00e8gre ; cette r\u00e9alit\u00e9 est la Conscience. M\u00eame l\u2019information est Conscience, ainsi que toute segmentation d\u2019information d\u00e9limit\u00e9e de quelque mani\u00e8re que se soit.<br \/>\nLa Conscience se manifeste comme information, mais sa nature essentielle est non-diff\u00e9renci\u00e9e. Ainsi la Conscience est un acte int\u00e9grant qui emp\u00eache la diff\u00e9rentiation de l\u2019information. Elle semble diff\u00e9renci\u00e9e de mani\u00e8re illusoire, mais en r\u00e9alit\u00e9 l\u2019information est non-diff\u00e9rente.<br \/>\nIl existe d\u2019autres forces int\u00e9grantes dans la nature et dans l\u2019\u00eatre humain, comme par exemple l\u2019amour. Quand il agit, il la fronti\u00e8re qui s\u00e9pare celui qui aime de ce qui est aim\u00e9 se r\u00e9sorbe. Comme la Conscience, l\u2019amour poss\u00e8de cette qualit\u00e9 particuli\u00e8re qui int\u00e8gre ce qu\u2019elle accueille. Lorsqu\u2019on aime les parties n\u2019existent plus. Celui qui aime se perd dans ce qu\u2019il aime, et n\u2019a d\u2019autres possibilit\u00e9s que de se fondre dans ce qu\u2019il aime. S\u2019il aime constamment, l\u2019\u00eatre humain ne peut que se dissoudre et se non-diff\u00e9rencier dans les actes qu\u2019il r\u00e9alise lui-m\u00eame.<br \/>\nAinsi, lorsque survient la compr\u00e9hension, ce qui est connu s\u2019int\u00e8gre avec celui qui connait, car la non-diff\u00e9rentiation entre celui qui per\u00e7oit et ce qui est per\u00e7u advient. Puisque l\u2019information est Conscience, et que celle-ci est auto-lumineuse, sans cause et ind\u00e9pendante, le processus de la compr\u00e9hension devient un processus libre de l\u2019histoire, du temps et de l\u2019espace. Ainsi l\u2019information est toujours non-diff\u00e9rente. Et puisque la Conscience est auto-lumineuse, qu\u2019il n\u2019existe rien ant\u00e9rieur \u00e0 elle, et qu\u2019elle n\u2019a pas de cause, la Compr\u00e9hension rend ce qui est connu non-diff\u00e9rent de celui qui connait. C\u2019est la conscience qui impulse l\u2019\u00e9tat non duel ou non-diff\u00e9renci\u00e9<br \/>\nComme le r\u00e9alisme, le vedanta cautionne l\u2019id\u00e9e qu\u2019il existe une information ind\u00e9pendante de celui qui per\u00e7oit, et comme l\u2019id\u00e9alisme, il affirme qu\u2019il existe une information d\u00e9pendante de lui. Mais le vedanta n\u2019est ni id\u00e9aliste, ni r\u00e9aliste. Il affirme aussi bien l\u2019existence d\u2019une information int\u00e9rieure comme ext\u00e9rieure au sujet, mais il ne consid\u00e8re pas comme stable l\u2019existence d\u2019une qualit\u00e9 diff\u00e9renciatrice appel\u00e9e sujet, qui se reconnaisse diff\u00e9rente de ce qu\u2019elle connait. Quand une goutte d\u2019eau tombe dans la mer, on peut affirmer que la goutte est la mer, et la nature de celle-ci pr\u00e9vaut sur celle-l\u00e0. Ou, dit d\u2019une autre mani\u00e8re, le tout pr\u00e9domine sur la partie. Si l\u2019on acceptait que la goutte puisse \u00eatre ind\u00e9pendante, limit\u00e9e et petite, alors la partie pr\u00e9vaudrait sur toute autre condition. Le vedanta n\u2019avance aucune de ces deux possibilit\u00e9s mais propose la non-diff\u00e9rentiation. Et ainsi, aucune information n\u2019englobe la connaissance de l\u2019information restante, tout en se situant ind\u00e9pendante d\u2019elle.<br \/>\nL\u2019\u00eatre humain, incorrectement, place toujours au coeur de ses jugement des limites diff\u00e9renci\u00e9es, et sa compr\u00e9hension est toujours associ\u00e9e \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments qui sont des parties d\u2019un tout, ou sont des tous form\u00e9s par des parties d\u2019autres tous qui les multiplient. Pour le vedanta, la compr\u00e9hension reconnait l\u2019information qui est et sera toujours non-diff\u00e9renci\u00e9e. Ainsi le concept du tout et de la partie n\u2019est plus pertinent.<br \/>\n3. Nature insondable.<br \/>\nLorsque l\u2019\u00eatre humain commen\u00e7a \u00e0 chercher les \u00e9l\u00e9ments primordiaux sur lesquels construire un mod\u00e8le de r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019univers qu\u2019il percevait, il trouva deux \u00e9l\u00e9ments : il les appela objet et sujet. Il n\u2019y avait rien avant eux. On appelle objet et sujet ce qui est pr\u00e9alable \u00e0 toute existence.<br \/>\nA partir de cette premi\u00e8re approche, on commen\u00e7a \u00e0 se demander lequel des deux \u00e9tait fondamental et apparurent alors les syst\u00e8mes objectivistes et les subjectivistes. D\u2019autres se demand\u00e8rent si la connaissance d\u00e9pendait de l\u2019objet ou du sujet, et apparurent alors les \u00e9coles r\u00e9aliste et id\u00e9aliste. Toute la philosophie est formul\u00e9e selon l\u2019affirmation qu\u2019il n\u2019existe aucune entit\u00e9 pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019objet et au sujet. De m\u00eame il est impossible de percevoir le sujet ou l\u2019objet de mani\u00e8re fractionn\u00e9e : lorsqu\u2019on per\u00e7oit quelque chose, c\u2019est quelque chose, et celui qui le per\u00e7oit est quelqu\u2019un. Cela parait \u00e9vident mais il a fallu des si\u00e8cles pour affirmer cela.<br \/>\nMais bien que cela paraisse si \u00e9vident, cela est faux. Nous avons construit une tour de Babel \u00e9difi\u00e9e sur ces concepts, et cela a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une grande confusion. Les mod\u00e8les qui ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s et construits (r\u00e9alisme, id\u00e9alisme, dogmatisme, scepticisme, etc.) sont tr\u00e8s proches des perceptions que nous avons des choses, et sont tous issus de l\u2019affirmation de l\u2019existence de l\u2019objet et du sujet. Et tous ces syst\u00e8mes sont d\u2019accord pour dire que l\u2019objet et le sujet sont la cause essentielle de la connaissance. M\u00eame la science et la psychologie sont impr\u00e9gn\u00e9es de ces propositions philosophiques.<br \/>\nCes mod\u00e8les produisent de nombreux paradoxes insolubles. Vouloir d\u00e9finir la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019univers en se basant uniquement sur l\u2019appr\u00e9ciation d\u2019un objet et d\u2019un sujet engendre des paradoxes, des absurdit\u00e9s et des situations inconciliables. En nous basant sur l\u2019objet et le sujet, nous ne pouvons d\u00e9crire dans le d\u00e9tail qu\u2019une partie de la r\u00e9alit\u00e9, momentan\u00e9e et d\u00e9finie. Le vedanta accepte la proposition de l\u2019objet et du sujet, mais de mani\u00e8re illusoire, momentan\u00e9e et instable. Objet et sujet existent apparemment mais pas r\u00e9ellement. Nous faisons l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019objet et du sujet, mais ce ne sont pas des entit\u00e9s ind\u00e9pendantes. En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019objet est non-diff\u00e9rent du sujet et vice-versa.<br \/>\nParmi les formulations qui d\u00e9crivent le mod\u00e8le non-duel, Pata\u00f1jali tenta de discriminer ce qui d\u00e9limite le sujet et l\u2019objet, o\u00f9 termine l\u2019un et o\u00f9 commence l\u2019autre. Parce qu\u2019il est \u00e9vident que toute diff\u00e9renciation implique une limite, car si cette limite n\u2019existait pas, l\u2019information serait totalement indiff\u00e9renci\u00e9e. Les fronti\u00e8res sont n\u00e9cessaires pour que la diff\u00e9renciation existe.<br \/>\nMais avant de continuer nous devons d\u00e9finir ce que sont le sujet et l\u2019objet. Dans la perspective du vedanta l\u2019information aussi est consciente, et donc d\u00e9finir le sujet comme entit\u00e9 poss\u00e9dant la conscience ou comme celui qui peut se connaitre et connait, n\u2019est pas suffisant.<br \/>\nPata\u00f1jali proposa une observation \u00e9l\u00e9mentaire en ce qui concerne les natures du sujet et de l\u2019objet. Il affirma que le monde des objets se compose de tout ce dont on peut faire l\u2019exp\u00e9rience au moyen des cinq sens, et que le monde du sujet est tout ce dont on fait l\u2019exp\u00e9rience sans la pr\u00e9sence<br \/>\nsensorielle dans la perception. La fronti\u00e8re sensorielle \u00e9tait donc \u00e9tablie. On appelle en sanskrit pratyahara la reconnaissance de cette fronti\u00e8re sensorielle et la possibilit\u00e9 de s\u2019\u00e9tablir de mani\u00e8re stable et continue d\u2019un cot\u00e9 ou de l\u2019autre de cette fronti\u00e8re.<br \/>\nAinsi, toute information connaissable par l\u2019interm\u00e9diaire des cinq sens sera consid\u00e9r\u00e9e comme objet, et tout ce qui peut \u00eatre connu sans l\u2019interm\u00e9diaire de l\u2019interpr\u00e9tation sensorielle (les souvenirs, les \u00e9vocations, l\u2019imagination, les r\u00eaveries, le processus cognitif, etc.) sera consid\u00e9r\u00e9 comme sujet. Nous voyons donc dans cette approche que le monde est connu par les cinq sens et interpr\u00e9t\u00e9 par le mental.<br \/>\nCette petite formulation ne co\u00efncide parfois pas avec la proposition occidentale, comme par exemple pour le corps. Pour le vedanta, et selon Pata\u00f1jali, la perception du corps est consid\u00e9r\u00e9e comme objet. Cela serait diff\u00e9rent de \u00ab me souvenir de mon corps \u00bb, car cela ferait partie de l\u2019information qui n\u2019est pas recueillie par les cinq sens et donc consid\u00e9r\u00e9e comme sujet. Mais pour l\u2019Occident, le corps serait consid\u00e9r\u00e9 comme une partie du sujet. Par exemple, la respiration fait partie du sujet en Occident, mais est consid\u00e9r\u00e9e par Pata\u00f1jali comme objet puisqu\u2019elle est connue au moyen des cinq sens. Cette id\u00e9e de Pata\u00f1jali est extr\u00eamement intelligente, universelle et fine, et gr\u00e2ce \u00e0 elle la description de la R\u00e9alit\u00e9 commence \u00e0 avoir un ordre qu\u2019elle n\u2019avait pas avant.<br \/>\nNous pouvons maintenant commencer \u00e0 ordonner le monde que nous percevons d\u2019une mani\u00e8re quelque peu diff\u00e9rente de celle de l\u2019Occident. Lorsque nous \u00e9tudions le sujet, ce qui en ressort n\u2019est pas une constatation de l\u2019unicit\u00e9 du sujet, mais celle du sujet en train de connaitre des objets int\u00e9rieurs. C&#8217;est-\u00e0-dire que lorsque nous nous d\u00e9connectons des cinq sens, des objets int\u00e9rieurs apparaissent ainsi qu\u2019un sujet qui les connait. Et lorsque nous percevons les objets externes, nous d\u00e9couvrons \u00e9galement quelqu\u2019un qui les per\u00e7oit. Ainsi, il existe aussi un sujet qui per\u00e7oit et connait les objets externes au moyen des cinq sens, et il y a donc une grande diversification des objets et sujet qui font de ce processus un dilemme. Cela est comme essayer de d\u00e9couper un aimant : il y aura toujours deux p\u00f4les malgr\u00e9 tous les d\u00e9coupages que l\u2019on peut faire. Quelle que soit la chose qui est connue, la dualit\u00e9 objet-sujet existe.<br \/>\nAinsi, le Vedanta propose que si l\u2019on affirme la distinction d\u2019objets internes, pour chacun d\u2019eux apparait un sujet interne qui connait. C\u2019est le grand probl\u00e8me de la perception int\u00e9rieure : il y aura toujours \u00ab quelqu\u2019un qui connait \u00bb, t\u00e9moignant du \u00ab connu \u00bb. Ainsi on ne pourra jamais trouver r\u00e9ellement celui qui connait tant que l\u2019attention sera mise sur les objets internes. Cela veut dire qu\u2019au moment m\u00eame o\u00f9 l\u2019on d\u00e9sire d\u00e9finir celui qui connait, il apparait toujours un nouveau sujet qui consid\u00e8re le sujet ant\u00e9rieur comme un objet, et ainsi ad eternum. Ou, dit d\u2019une autre mani\u00e8re, une pens\u00e9e en am\u00e8ne une autre, qui en am\u00e8ne une autre, qui en am\u00e8ne une autre, successivement.<br \/>\nC\u2019est alors que Pata\u00f1jali proposa une id\u00e9e tout \u00e0 fait intelligente et raffin\u00e9e. Dans le monde int\u00e9rieur, si l\u2019attention su pose sur le sujet et non pas sur les objets, cette forme de connaissance est insondable. La perception du<br \/>\nsujet int\u00e9rieur est si intense lorsque l\u2019attention retombe sur lui, qu\u2019on ne peut examiner ce sujet, elle est si stable qu\u2019elle en devient insondable. Cette exp\u00e9rience s\u2019appelle dharana, c&#8217;est-\u00e0-dire concentration.<br \/>\nC\u2019est la m\u00eame chose dans le monde ext\u00e9rieur. Lorsque les cinq sens sont actifs, si l\u2019observateur pr\u00e9vaut sur l\u2019observ\u00e9, la reconnaissance de l\u2019observateur est si instable que l\u2019interpr\u00e9tation de ce qui est observ\u00e9 se modifie. La solution \u00e0 ce dilemme de la perception externe est la suivante : quand les cinq sens sont actifs, l\u2019attention se pose sur les objets du monde, en emp\u00eachant que le sujet les interpr\u00e8te mentalement. Et \u00e0 l\u2019inverse, dans le monde interne : quand les sens sont d\u00e9connect\u00e9s, le sujet doit \u00eatre attentif \u00e0 lui-m\u00eame et non pas aux objets mentaux qui peuvent apparaitre ou \u00e9merger de la m\u00e9moire.<br \/>\nAinsi nous avons deux possibilit\u00e9s pour se rapprocher de la m\u00e9ditation :<br \/>\n1. Lorsque les cinq sens sont actifs, nous sommes attentifs aux objets externes sans les interpr\u00e9ter.<br \/>\n2. Lorsque les cinq sens sont d\u00e9connect\u00e9s, nous mettons notre attention sur le sujet interne, sans l\u2019interpr\u00e9ter.<br \/>\nC\u2019est ce qui s\u2019appelle concentration ou dharana.<br \/>\nPar cette approche, nous d\u00e9sirons trouver une modalit\u00e9 de perception insondable, tant dans le monde interne qu\u2019externe. Lorsque nous connaissons \u00e0 partir de cette perspective, il n\u2019existe plus une partie qui s\u2019appelle sujet qui connaisse l\u2019objet : ce qu\u2019il y a c\u2019est \u00ab quelque chose \u00bb qui connait en se connaissant. Cette perspective de la R\u00e9alit\u00e9 permet que la Conscience se connaisse et se contemple elle-m\u00eame, exclusivement. Elle est absolument insondable par toute autre partie de l\u2019information, elle seule se connait elle-m\u00eame.<br \/>\nCette caract\u00e9ristique de la r\u00e9alit\u00e9 : connaitre sans qu\u2019une fronti\u00e8re ne s\u00e9pare ce qui est observ\u00e9 de l\u2019observateur, s\u2019appelle non-dualit\u00e9. Si dans le monde ext\u00e9rieur, l\u2019on fait une appr\u00e9ciation des objets qui ont lieu, ceux-ci reconnaissent le sujet qui les connait, en se connaissant soi m\u00eame. Alors, les objets et le champ qui s\u2019\u00e9tablit connaissent. Nous appelons cela la concentration ext\u00e9rieure.<br \/>\nAinsi donc, ce que nous recherchons sont deux choses \u00e9l\u00e9mentaires, bas\u00e9es sur la reconnaissance de l\u2019objet et du sujet, partant de l\u2019affirmation qu\u2019il n\u2019existe rien ant\u00e9rieur \u00e0 l\u2019objet et au sujet. L\u2019Orient d\u00e9finie alors que le sujet est ce qui peut se connaitre sans interm\u00e9diaire sensoriel, et que l\u2019objet est ce qui se connait avec interm\u00e9diaire sensoriel. Lorsque nous sommes exclusivement attentifs au sujet int\u00e9rieur ou \u00e0 l\u2019objet ext\u00e9rieur, la perception devient insondable, non-duelle, et nous entrons dans la m\u00e9ditation v\u00e9ritable, que ce soit au travers du monde externe ou du monde interne. C\u2019est la raison pour laquelle la Conscience est insondable.<br \/>\n4. Nature simultan\u00e9e.<br \/>\nEn r\u00e9sum\u00e9, le vedanta affirme en premier lieu que la Conscience est en elle-m\u00eame auto-lumineuse. Elle connait car son essence est la connaissance m\u00eame, et il ne peut exister de lien causal avec aucun \u00e9l\u00e9ment qui serait ant\u00e9rieur \u00e0 elle. La force de la compr\u00e9hension vient de la Conscience. Personne n\u2019apprend \u00e0 comprendre.<br \/>\nLa seconde affirmation est que la Conscience est int\u00e9grative. Ce mod\u00e8le de r\u00e9alit\u00e9 soutient qu\u2019objet et sujet existent mais sont r\u00e9ellement non-diff\u00e9rents. L\u2019impulsion qui maintient l\u2019absence de fronti\u00e8re entre sujet et objet vient de la force int\u00e9grative propre \u00e0 la Conscience.<br \/>\nEn troisi\u00e8me lieu nous soutenons que la Conscience est insondable, elle ne peut \u00eatre objet de connaissance d\u2019aucun autre \u00e9l\u00e9ment ant\u00e9rieur \u00e0 elle. Elle connait mais ne peut \u00eatre connue. Et gr\u00e2ce \u00e0 sa nature clairement int\u00e9grative, elle est finalement la seule qui puisse se connaitre elle-m\u00eame.<br \/>\nAfin d\u2019analyser le processus de \u00ab l\u2019insondabilit\u00e9 \u00bb de la Conscience, le vedanta consid\u00e8re deux \u00e9l\u00e9ments qui sont la base de notre pratique m\u00e9ditative int\u00e9rieure. Le vedanta affirme que l\u2019on peut envisager le monde comme objet et sujets ou comme objets et sujet, mais qu\u2019il n\u2019existe rien de plus petit qu\u2019objet \u00ab et \u00bb sujet. C&#8217;est-\u00e0-dire qu\u2019il n\u2019existe pas seulement un objet ou seulement un sujet, mais une dualit\u00e9 objetsujet, qui se maintient et peut se constater toujours et partout. Rien n\u2019est ant\u00e9rieur \u00e0 un sujet, puisque celui-ci est la qualit\u00e9 cognitive minimale, infime et primordiale. Par exemple, si quelque chose surgit \u00e0 la connaissance du moi, c\u2019est un sujet ou un objet mais jamais une moiti\u00e9 d\u2019objet ou une partie d\u2019objet. Nous consid\u00e9rons qu\u2019une partie de cet objet est en elle-m\u00eame un objet.<br \/>\nLe vedanta arrive donc \u00e0 la conclusion que tout ce qui requiert l\u2019interm\u00e9diaire sensoriel pour \u00eatre per\u00e7u, jug\u00e9 et \u00e9valu\u00e9 par le mental est un objet; et tout ce qui requiert l\u2019absence de l\u2019interm\u00e9diaire sensoriel pour \u00eatre per\u00e7u et \u00e9valu\u00e9 par le mental est un sujet. Ainsi, est sujet tout ce qui n\u2019a pas besoin des cinq sens pour connaitre, et est objet tout ce qui a besoin des cinq sens pour \u00eatre connu.<br \/>\nCependant, lorsque nous consid\u00e9rons le sujet dans son monde, c&#8217;est-\u00e0-dire quand nous nous trouvons dans le monde int\u00e9rieur dans lequel l\u2019intervention sensorielle n\u2019est pas n\u00e9cessaire, ce qui apparait n\u2019est pas seulement le sujet, mais aussi les objets que connait ce sujet. Si l\u2019attention s\u2019oriente sur la nature des objets int\u00e9rieurs, apparait alors un sujet qui connait ces objets int\u00e9rieurs. Si le monde int\u00e9rieur se transforme en une r\u00e9alit\u00e9 diff\u00e9renci\u00e9e, il en r\u00e9sulte que le sujet que nous rencontrons alors n\u2019est pas le sujet basique de toute cette r\u00e9alit\u00e9 diff\u00e9renci\u00e9e. C\u2019est un paradoxe mais c\u2019est une r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\nMais nous pouvons m\u00eame transformer ce sujet \u2013lequel apparait quand nous mettons l\u2019attention sur les objets int\u00e9rieurs- en objet d\u2019un autre sujet int\u00e9rieur, et ainsi successivement. Et aucun de ces sujets n\u2019est celui qui connait r\u00e9ellement. Ainsi l\u2019exp\u00e9rience cognitive devient une recherche constante de \u00ab quelque chose \u00bb qui est en arri\u00e8re, et qui connait \u00ab quelque chose \u00bb d\u2019autre, qui se trouve devant.<br \/>\nBien que la connaissance ait lieu \u00e0 tout moment, nous ne pouvons pas trouver le dernier \u00ab sujet \u00bb qui per\u00e7oive. Ainsi le vedanta nous enseigne que tant que dans le monde int\u00e9rieur, l\u2019attention se porte sur les objets int\u00e9rieurs au lieu de se porter sur le sujet, la dualit\u00e9 objet-sujet persiste. L\u2019erreur est donc d\u2019entrer dans le monde int\u00e9rieur et de suivre les pens\u00e9es, car tout ce que nous tirerons de cette exp\u00e9rience est mouvement, changement, transformation. Nous ne trouverons rien de stable. Le vedanta explique qu\u2019\u00e0 chaque fois qu\u2019une pens\u00e9e survient dans le monde int\u00e9rieur, apparait alors un sujet associ\u00e9 \u00e0 cette pens\u00e9e, diff\u00e9rent du sujet qui observe les pens\u00e9es \u00e0 distance.<br \/>\nAinsi, le vedanta, qui recherche la stabilit\u00e9 et la r\u00e9alit\u00e9, choisit le sujet comme base d\u2019attention et de compr\u00e9hension dans le monde int\u00e9rieur. Ce sujet qui a la capacit\u00e9 de percevoir \u00e0 distance les objets int\u00e9rieurs (qui n\u2019est pas le sujet associ\u00e9 \u00e0 ces objets, lequel est n\u00e9 au moment o\u00f9 l\u2019attention s\u2019est port\u00e9e sur eux), est un autre sujet. C\u2019est un sujet int\u00e9rieur qui observe, dans l\u2019\u00e9tat que nous appelons \u00ab observation \u00bb. Sans la permanence de l\u2019observation, le mental serait \u00e0 nouveau submerg\u00e9 dans un \u00e9tat de conscience appel\u00e9 \u00ab pens\u00e9es \u00bb.<br \/>\nLa proposition du vedanta est la suivante : si nous dirigeons l\u2019attention sur ce sujet int\u00e9rieur \u2013 qui est un observateur qui se maintient \u00e0 distance des pens\u00e9es- cela g\u00e9n\u00e8re une nature de compr\u00e9hension si stable, qu\u2019il devient impossible de transformer ce sujet en objet d\u2019un autre sujet, et ce sujet int\u00e9rieur devient insondable. Il est si stable que, en tant que sujet, et gr\u00e2ce \u00e0 la compr\u00e9hension qui vient de l\u2019information contenue en lui, il est capable d\u2019\u00eatre objet de lui-m\u00eame, et devient \u00e0 cet instant simultan\u00e9ment objet et sujet.<br \/>\nAinsi, gr\u00e2ce \u00e0 la nature insondable de la Conscience, apparait une non-diff\u00e9rentiation entre objet et sujet. Si l\u2019on pouvait saisir la Conscience, c&#8217;est-\u00e0-dire s\u2019il existait toujours une entit\u00e9 ant\u00e9rieure \u00e0 tout ce qui est connu, et que cette entit\u00e9 puisse \u00eatre objet d\u2019une autre, encore ant\u00e9rieure, nous ne saurions jamais ce que nous sommes r\u00e9ellement.<br \/>\nL\u2019insondabilit\u00e9 de la Conscience nous permet un type de pratique int\u00e9rieure, dans laquelle il est n\u00e9cessaire de se d\u00e9connecter au pr\u00e9alable des cinq sens. L\u2019attention doit se porter doucement, naturellement et spontan\u00e9ment sur \u00ab celui qui connait \u00bb dans le monde int\u00e9rieur, mais pas sur ce \u00ab qui est connu \u00bb. Face \u00e0 la difficult\u00e9 de pouvoir \u00e9tablir cette pratique facilement, nous pouvons faire une des choses suivantes :<br \/>\n\u2022 Attendre l\u2019arriv\u00e9e des pens\u00e9es. Mettre en avant celui qui attend, au lieu de ce qui est attendu, a pour effet que le sujet l\u2019emporte sur l\u2019objet ; il en r\u00e9sulte une distance avec les pens\u00e9es.<br \/>\n\u2022 Favoriser une \u00ab attitude \u00bb qui permettre de reconnaitre l\u2019exp\u00e9rience de pr\u00e9sence de l\u2019observateur. Cela revient \u00e0 \u00eatre attentif \u00e0 sa propre force de vie, \u00e0 la repr\u00e9sentation de vie qui existe en lui, \u00e0 l\u2019attention m\u00eame ; c\u2019est \u00eatre pr\u00e9sent. \u00catre attentif \u00e0 l\u2019attention, c\u2019est reconnaitre la nature consciente de l\u2019existence : ce n\u2019est pas seulement \u00eatre pr\u00e9sent en vivant, mais c\u2019est \u00e9galement savoir que l\u2019on est.<br \/>\n\u2022 Provoquer un \u00e9tat dans lequel nous n\u2019associons aucune forme ou nom mental au sujet. C&#8217;est-\u00e0-dire ne pas cr\u00e9er de consid\u00e9ration historique sous forme d\u2019association de nom et de forme sur le sujet que nous observons. En faisant cela, nous emp\u00eachons l\u2019apparition d\u2019un compl\u00e9ment dans le champ, c&#8217;est-\u00e0-dire l\u2019apparition d\u2019un objet. Nous interdisons au mental d\u2019ajouter un nom et une forme au sujet, et par l\u00e0 m\u00eame de juger. Nous appelons cette possibilit\u00e9 la \u00ab recherche constante du moi \u00bb, car nous cherchons celui qui connait vraiment, quelle est l\u2019entit\u00e9 vivante capable de connaitre.<br \/>\nToutes ces pratiques visent \u00e0 induire une attitude de pr\u00e9sence du sujet vis-\u00e0-vis de l\u2019objet. Le caract\u00e8re immobile du sujet fait qu\u2019avec le temps, l\u2019exp\u00e9rience et la pr\u00e9sence vive de la compr\u00e9hension dans le monde int\u00e9rieur, ce sujet devienne objet de perception de lui-m\u00eame.<br \/>\nLorsque nous cr\u00e9ons une fronti\u00e8re qui d\u00e9limite ce qui est par rapport \u00e0 ce qui n\u2019est pas (ou dit d\u2019une autre mani\u00e8re, qui d\u00e9limite ce qui est en soi-m\u00eame de ce qui est en relation au monde), elle d\u00e9limite la facult\u00e9 de porter des jugements sur l\u2019information contenue en elle. Ainsi, le sujet est capable de juger l\u2019information sugg\u00e9r\u00e9e par sa m\u00e9moire. De fait, on ne peut porter de jugements dialectiques ou logiques que de ce dont on a fait pr\u00e9alablement l\u2019exp\u00e9rience.<br \/>\nPoser qu\u2019il existe une limite cognitive entre sujet et objet, c&#8217;est-\u00e0-dire qu\u2019il existe une r\u00e9alit\u00e9 contenue par une fronti\u00e8re, signifie que l\u2019on ne peut \u00eatre conscient que de l\u2019information existante au sein de cette fronti\u00e8re, et que celle-ci d\u00e9termine. Si l\u2019on veut d\u00e9terminer une autre r\u00e9alit\u00e9, il faut constituer une autre limite ou fronti\u00e8re. Ainsi, dans la pratique, il est par exemple possible de passer de la perception d\u2019une colonne \u00e0 celle d\u2019une fen\u00eatre, ou d\u2019un paysage \u00e0 une couleur. Au moment o\u00f9 se d\u00e9limite la fronti\u00e8re, \u00e9merge la capacit\u00e9 de r\u00e9ception du propre jugement.<br \/>\nC\u2019est le mental qui \u00e9tablit les fronti\u00e8res, pas l\u2019information. C\u2019est pourquoi le mental est de \u00ab l\u2019information qui constitue des fronti\u00e8res \u00bb, qui \u00e9tablit des limites dans l\u2019information m\u00eame. Quand le mental cr\u00e9e une fronti\u00e8re, il d\u00e9limite l\u2019information connue vers l\u2019information non-connue.<br \/>\nLa Non-dualit\u00e9 est l\u2019\u00e9tat selon lequel l\u2019information ne peut \u00eatre connue en essence par un sujet diff\u00e9rent des objets qu\u2019il connait. Il ne s\u2019agit pas de l\u2019inexistence de l\u2019information, mais de l\u2019impossibilit\u00e9 qu\u2019un sujet puisse connaitre r\u00e9ellement les objets, le sujet \u00e9tant sujet, et les objets \u00e9tant objets. Il n\u2019existe pas un sujet individuel immuable capable de connaitre les objets, car en essence, il n\u2019existe pas de diff\u00e9rence entre objet et sujet. Ceci est la non-dualit\u00e9.<br \/>\nLe vedanta appelle \u201cnom et forme\u201d le potentiel limitatif instaur\u00e9 par le mental. Ainsi ce monde de perception dialectique est tout simplement un monde de noms et de formes, Maya est ce qui nous fait croire qu\u2019ils sont r\u00e9els et stables et Karma en est l\u2019apparente permanence causale. Les noms et les formes, qui sont illusoires, semblent continus et permanents, et pr\u00e9valent<br \/>\ngr\u00e2ce au Karma. En d\u00e9finitive, le Karma est de croire qu\u2019un nom et une forme sont caus\u00e9s par un nom et une forme ant\u00e9rieure. Pour le vedanta, l\u2019univers, tel qu\u2019on le per\u00e7oit au niveau dialectique, et avec les fronti\u00e8res \u00e9tablies \u00e0 ce niveau, n\u2019est qu\u2019un univers de noms et de formes qui \u00e9volue apparemment gr\u00e2ce au ph\u00e9nom\u00e8ne que nous appelons Karma.<br \/>\nLe mental ne cr\u00e9e pas l\u2019information, il la d\u00e9limite. L\u2019information est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, et de plus elle est Conscience, avec l\u2019immense pouvoir int\u00e9gratif qu\u2019implique son auto-luminosit\u00e9. Le monde diff\u00e9renci\u00e9 n\u2019existe que parce que le mental d\u00e9limite l\u2019information. Au-del\u00e0 de cette d\u00e9limitation le monde est non-duel, non diff\u00e9rent. Ainsi, puisque l\u2019information est en elle-m\u00eame consciente, lorsqu\u2019elle s\u2019associe \u00e0 une fronti\u00e8re, cette information associ\u00e9e \u00e0 une fronti\u00e8re est \u00e9galement consciente.<br \/>\nMais en raison de la fronti\u00e8re, le syst\u00e8me (qui est d\u00e9limit\u00e9 au moment de rencontrer la dualit\u00e9) ne peut \u00eatre conscient que de ce qui est d\u00e9limit\u00e9, et le sujet ne peut \u00eatre conscient que de sa propre limite, de sa propre histoire et de ses pens\u00e9es. Il ne peut \u00eatre \u00ab dialectiquement \u00bb conscient de ce dont il ne se souvient pas de lui-m\u00eame. Nous ne pouvons \u00eatre conscients que de ce que nous sommes, sur la base de ce dont nous nous souvenons.<br \/>\nCeci implique la chose suivante : pour connaitre ce qui est au-del\u00e0 de la fronti\u00e8re que nous \u00e9tablissons, (par exemple un objet externe) nous devons nous projeter par les cinq sens. Mais si l\u2019attention se pose sur l\u2019objet et non sur le sujet, la nature \u00e9gotique du syst\u00e8me qui est en train de connaitre ne s\u2019active pas ; l\u2019\u00e9go est pr\u00e9sent en puissance mais pas de fait.<br \/>\nAinsi, lorsque nous illuminons un objet externe par notre attention, la lumi\u00e8re du sujet devient momentan\u00e9ment inexistante. Lorsque nous observons un objet nous ne pouvons pas observer d\u2019autre objet, ni le sujet. Ces exp\u00e9riences ne sont pas simultan\u00e9es. La connaissance devient alors une esp\u00e8ce de s\u00e9quence qui d\u00e9voile l\u2019information, selon les limites dans lesquelles cette information est d\u00e9limit\u00e9e.<br \/>\nLe grand pi\u00e8ge de cela est le mental, qui d\u00e9termine la fronti\u00e8re d\u00e9limitant l\u2019information. Et lorsque, par l\u2019attention se d\u00e9voile une autre information, laquelle est d\u00e9limit\u00e9e par certaines fronti\u00e8res, alors toutes les fronti\u00e8res potentielles qui d\u00e9limitaient et \u00e9tablissaient cette information se dissolvent. En raison de ce processus mental, la perception du monde -depuis la perspective du mental- est nettement s\u00e9quentielle, alors que la perception depuis la non-diff\u00e9rence est simultan\u00e9e.<br \/>\nLe vedanta recherche la connaissance simultan\u00e9e, et celle-ci n\u2019existe que lorsque le sujet devient objet de perception de lui-m\u00eame. A ce moment l\u00e0, il n\u2019existe plus de fronti\u00e8re entre le sujet et l\u2019objet, et cette perception est appel\u00e9e Non-dualit\u00e9.<br \/>\nEn r\u00e9sum\u00e9, nous avons vu que la Conscience poss\u00e8de les immenses qualit\u00e9s d\u2019\u00eatre simultan\u00e9e, insondable, int\u00e9gratrice et auto-lumineuse. Cela g\u00e9n\u00e8re en soi-m\u00eame un mod\u00e8le de r\u00e9alit\u00e9 unique, sp\u00e9cial et exceptionnel, qui met en \u00e9vidence que l\u2019information a exist\u00e9, existe et existera dans le temps et l\u2019espace, bien qu\u2019elle soit, en fin de compte, non-diff\u00e9rente de celui qui la<br \/>\nconnait. Il n\u2019existe pas un sujet hors de la Conscience qui, \u00e9tant ind\u00e9pendant d\u2019elle, pourrait la connaitre et simultan\u00e9ment se connaitre soi-m\u00eame Le vedanta utilise ces propri\u00e9t\u00e9s de la Conscience comme base de son mod\u00e8le de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Causeries donn\u00e9es pendant la retraite de m\u00e9ditation de mars 2003 c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans le monast\u00e8re d\u2019 Angosto (Alava) (Publi\u00e9es en juillet 2006) Un certain nombre de qualit\u00e9s propres \u00e0 la nature de la Conscience fait d\u2019elle un concept tout \u00e0 fait remarquable. Gr\u00e2ce \u00e0 elles, nous pouvons analyser la pratique m\u00e9ditative et m\u00eame \u00e9laborer un mod\u00e8le 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